Das Chawwerusch Theater — un court portrait

Le nom Chaw­we­rusch vient du ‘Rot­welsch’, un argot par­lé aut­re­fois par les gens du voya­ge. ‘‘Chawrus­se respec­ti­ve­ment ‘cha­we­ru­sche’ vient de ‘cha­wer’ (cama­ra­de, com­pa­gnon, ami, com­pli­ce, membre d’u­ne ban­de, voir le mot héb­reu chaw­wer) et signi­fie ban­de. Le mot pala­tin ‘Kaf­ru­se’ a la même raci­ne et dési­gne une ban­de de petits morveux. 

 

“Les applau­dis­se­ments fré­né­ti­ques avec les­quels le public ent­housi­as­te a accueil­li la pre­miè­re ne lais­sent aucun dou­te: cet­te année encore, le thé­ât­re implan­té dans le sud du Pala­ti­nat se récla­me d’un niveau cul­tu­rel dont l’in­flu­ence s’é­tend bien au-delà des fron­tiè­res de la régi­on.” (Sonn­tag aktuell)

 

“Le public, aba­sour­di, fait sur­face à la fin de l’his­toire, il aurait aimé res­ter là encore long­temps. Retour à la réa­li­té, les applau­dis­se­ments écla­tent, récom­pen­se pour une soi­rée cap­tiv­an­te.” (Schwet­zin­ger Zeitung)

Chaw­we­rusch est un mélan­ge bigar­ré de gens de thé­ât­re (Felix S. Felix, Miri­am Grimm, Moni­ka Klee­bau­er, Ben Hergl, Tho­mas Kölsch, Wal­ter Menz­law et Ste­phan Wrie­cz) dont la par­ti­cu­la­ri­té est d’a­voir mis au point ensem­ble une for­me de thé­ât­re uni­que et qui leur est prop­re: racon­ter des his­toires venant du peu­p­le et s’adres­sant au peu­p­le, les mon­ter de façon diver­tis­san­te tout en satis­faisant à des cri­tè­res exi­ge­ants: tra­gi­que — comi­que — cor­di­al.

Con­te­nu et pro­gram­me sont le résul­tat d’u­ne réfle­xi­on sur le quo­ti­di­en, la poli­tique et la socié­té. Le regard est cri­tique, tou­jours accom­pa­gné d’un clin d’œil, et atti­re tou­jours l’at­ten­ti­on sur l’es­sen­ti­el. S’in­spi­rer des pro­pos popu­lai­res, en déga­ger l’es­sen­ti­el pour en mett­re les thè­mes en scè­ne, c’est la carac­té­ris­tique du tra­vail de Chaw­we­rusch, le comi­que de situa­ti­on, la tra­gé­die humai­ne et la cor­dia­li­té demeurant tou­jours au cent­re de l’in­té­rêt. Chaw­we­rusch est res­té fidè­le à ses enga­ge­ments off­rant, en tant que thé­ât­re libre, un lieu d’é­panouis­se­ment de la per­son­nali­té et d’ac­ti­vi­té politique.

 

Depuis 1984, date de la fon­da­ti­on du thé­ât­re, c’est un tra­vail inten­sif de recher­ches qui con­sti­tue la base de la plu­part des piè­ces de thé­ât­re: on recher­che et on relè­ve les traces, on étu­die les sources, on réu­nit des réci­ts et on fait le lien avec les ques­ti­ons de poli­tique socia­le actu­el­les et les pro­blè­mes humains. C’est en s’in­spi­rant de ce maté­ri­el ain­si que de pro­duits de pure ima­gi­na­ti­on, que Chaw­we­rusch crée les piè­ces en pas­sant par l’im­pro­vi­sa­ti­on libre puis l’écri­tu­re. Ce n’est qu’en­sui­te qu’a lieu la mise en scè­ne artis­tique. Le tra­vail en équi­pe joue un rôle important, un aspect de la phi­lo­so­phie de Chaw­we­rusch étant que le poten­ti­el créa­tif de la tota­li­té du grou­pe ent­re dans cha­que production.

 

C’est de tou­te la régi­on, de Wis­s­em­bourg à Mann­heim, de Karls­ru­he à Kai­sers­lau­tern, que les spec­ta­teurs vien­nent, ent­re sep­tembre et mai, au thé­ât­re de Herx­heim pour voir les mises en scè­nes actu­el­les de la trou­pe. Depuis 1993 Chaw­we­rusch off­re régu­liè­re­ment un pro­gram­me de thé­ât­re dans la salle de specta­cle, anci­en­ne salle de bal du vil­la­ge. Ent­re-temps il y a eu plus de 1.500 specta­cles devant plus de 200.000 spectateurs.

 

Le thé­ât­re Chaw­we­rusch fait par­tie inté­gran­te du pay­sa­ge cul­tu­rel du Pala­ti­nat. Cela se mani­fes­te d’u­ne part par une col­la­bo­ra­ti­on inten­se avec diver­ses per­son­nes de la régi­on s’in­téres­sant à l’his­toire et au thé­ât­re, des coo­pé­ra­ti­ons avec d’au­tres artis­tes, met­teurs en scè­ne ain­si que des copro­duc­tions avec d’au­tres thé­â­tres. D’aut­re part Chaw­we­rusch s’en­ga­ge depuis des années dans la for­ma­ti­on et la pro­mo­ti­on de nou­veaux talents. Chaw­we­rusch a pro­du­it diver­ses piè­ces avec des grou­pes de thé­ât­re sco­la­i­res et orga­ni­se un fes­ti­val avec et pour l’en­fan­ce et la jeunesse.

 

L’an­cra­ge régio­nal ain­si que les mul­ti­ples facul­tés d’ex­pres­si­on du dialec­te jou­ent un rôle important dans les pro­duc­tions. Aut­re par­ti­cu­la­ri­té des pro­duc­tions Chaw­we­rusch: peu d’ac­ces­soires, sou­vent simp­les mais per­met­tant un maxi­mum de trans­for­ma­ti­ons pour pou­voir créer de nou­veaux décors d’u­ne scè­ne à l’aut­re. La plu­part du temps ce sont les comé­di­en­nes et les comé­di­ens eux-mêmes qui, en un tour­ne­main, trans­forment le pla­teau et créent de nou­veaux espaces, et ce, avant tout grâce à leur jeu. Cet­te gran­de varia­bi­li­té est éga­le­ment val­ab­le pour les cos­tu­mes. Le plus sou­vent la musi­que est com­po­sée spé­cia­le­ment pour une piè­ce, le comé­di­en­nes et les comé­di­ens chan­tent et jou­ent eux-mêmes des instru­ments. Dans les mises en scè­nes de Chaw­we­rusch, la musi­que est un moy­en d’ex­pres­si­on à part ent­iè­re à côté du ges­te et du langage.

 

En out­re, un grand nombre des 150 repré­sen­ta­ti­ons annu­el­les ont lieu hors de Herx­heim: cha­que année il y a en été une tour­née de thé­ât­re en plein air. Au prin­temps et en aut­om­ne Chaw­we­rusch fait et refait ses vali­ses pour don­ner ses pro­duc­tions ailleurs.

 

Les débuts de Chaw­we­rusch datent de 1984: un pro­jet tem­por­ai­re de thé­ât­re ambu­lant. Un voya­ge en Oden­wald dont le suc­cés est tel qu’on réi­tè­re l’a­née d’a­près. Dès 1985 on loue la salle de thé­ât­re de Herx­heim pour y répé­ter bien que la trou­pe soit encore basée à Darm­stadt. Nais­sent alors les pro­jets con­crets d’un thé­ât­re per­ma­nent à Herx­heim, enfin en 1989 c’est la sédintarité.

 

Les mem­bres de l’en­sem­ble sont éga­le­ment auteurs, met­teurs en scè­ne, com­po­si­teurs. Nombre d’ent­re eux a une for­ma­ti­on en péd­ago­gie de thé­ât­re. Chaw­we­rusch tra­vail­le étroi­te­ment avec des grou­pes de thé­ât­re ama­teurs, orga­ni­se de grands pro­jets, se char­ge de l’écri­tu­re des piè­ces et de la mise en scène.

 

Chaw­we­rusch est membre de laprof­th, la Fédé­ra­ti­on des Thé­â­tres pro­fes­si­onnels libres de Rhénanie-Palatinat.

 

“Et si, l’an­née pro­chai­ne, le thé­ât­re Chaw­we­rusch off­re une nou­vel­le repré­sen­ta­ti­on, c’est désor­mais cer­tain, la magie de l’i­ma­gi­na­ti­on pren­dra de nou­veau pos­ses­si­on de la place.” (Schwet­zin­ger Zeitung)

 

Tra­duc­tion: Michae­la Flick et Clau­de Dumo­ra, merci!